C. Bene - la Biennale |
| |
11 juin |
Westmoreland
quitte Saïgon. Pour fêter son départ, le FNL bombarde
la capitale sud-vietnamienne. Aux Etats-Unis, le milliardaire Hearst propose
de rayer Hanoï de la carte en représailles. Le matin, affrontements très violents entre police et ouvriers
à l'usine Peugeot de Sochaux : deux ouvriers sont tués (un
par coup de feu, l'autre par accident). Dans la soirée commence à
Paris la troisième (et dernière) nuit des barricades. Pour
la première fois, l'opinion publique semble hostile aux étudiants. Deux condamnations avec sursis et un acquittement dans le procès
de Campo dei Fiori. A l'aube, la police évacue l'université
publique de Milan et arrête les occupants non étudiants. L'université
est à nouveau occupée à la mi-journée. Pasolini
publie dans l'Espresso un poème où il attaque les étudiants
contestataires; réactions violentes des étudiants. | |
12 juin |
Douzième
nuit consécutive de bombardements sur Saïgon. Bataille autour
de la base de Khe Sanh, encerclée par le FNL. Réaction très modérée de la CGT à
la bataille et aux deux morts de la veille à Peugeot Sochaux : une
heure de grève. Le gouvernement interdit les manifestations publiques
et met hors la loi sept organisations de gauche extra-parlementaires. Début du procès contre le poète et philosophe Braibanti
à Rome, pour "détournement" de deux élèves.
Quinze années de prison sont requis dans un procès qui deviendra
le symbole de l'absurde judiciaire et de la chasse aux sorcières. 20 000 étudiants occupent la faculté de lettres d'Ankara. | |
13 juin |
Interdiction
de six nouvelles organisations d'extrême gauche. 114 étrangers
arrêtés pendant les événements de mai sont expulsés.
Par ailleurs, tous les prisonniers membres de l'OAS sont libérés
sauf leur chef, Salan, condamné à mort, qui sera gracié
le 15. Après une manifestation étudiante et des heures d'affrontements
avec la police à Montevidéo, le président Pacheco-Areco
propose d'établir l'état de siège. Trois ministres
refusent de signer le décret, déclenchant une crise gouvernementale. | |
14 juin |
A
Rome l'usine Appolon est occupée pendant quelques jours, et la Feram
connaît une vive agitation après 100 licenciements. Le Comité d'occupation de la Sorbonne décide la fermeture
de l'université pendant deux jours pour raisons d'hygiène.
L'opposition entre le Comité et le service d'ordre des Katangais,
formé d'ex-légionnaires, tourne à l'affrontement ouvert. Abrams succède à Westmorland à Saïgon; la cérémonie
de passage des pouvoirs est boycottée par la majorité des
officiers sudistes. Pour le général, Saïgon constitue
la clé de la guerre et l'objectif final des Nord-Vietnamiens. | |
15 juin |
Mort
du poète et prix Nobel Salvadore Quasimodo. L'épicentre du mouvement de contestation étudiant et ouvrier
se déplace vers l'Amérique Latine. A Montevideo l'état
d'urgence est proclamé et 40 dirigeants des syndicats et du mouvement
sont arrêtés. Manifestations dans toutes les villes d'Argentine. La CGT soumet aux ouvriers de Renault un projet d'accord qui devra être
voté le lendemain. L'opposition de la CFDT, favorable à la
poursuite de la grève, s'avère inutile. | |
16 juin |
L'écrivain
Truman Capote déclare être convaincu de l'existence d'un complot
contre Kennedy et Martin Luther King. Dans de nombreuse villes brésiliennes les étudiants défient
l'interdiction de manifester imposée par le gouvernement. La police
intervient immédiatement en dispersant les cortèges. La police investit la Sorbonne. Les étudiants résistent
à l'intérieur et attaquent la police autour du bâtiment,
mais, après quelques heures d'affrontements les CRS prennent possession
des lieux. Condamnation du pédiatre Benjamin Spock et de quatre autres accusés
au procès de Boston, pour incitation à la désertion
des appelés. | |
17 juin |
Rencontre
à Rome entre les étudiants et James Boggs, leader et théoricien
du Black Power. Combats de rue entre étudiants et policiers à Buenos Aires
ainsi qu'à Rosario et dans d'autres grandes villes du pays. Le mouvement
s'étend au Pérou avec des manifestations durement réprimées. Confusion lors du vote à Renault. Affrontement entre syndicalistes
favorables et opposés à la reprise du travail. Finalement,
75% des voix approuvent la reprise du travail. | |
18 juin |
Les
Lords à majorité conservatrice s'opposent à des sanctions
contre la Rhodésie. Plusieurs universités sont en grève.
Une délégation demande au ministère de la défense
l'arrêt des recherches sur les armes chimiques et bactériologiques. Le vernissage de la Biennale de Venise mobilise d'importantes forces
de police en prévision de manifestations de contestation. Une manifestation
d'artistes et d'étudiants est chargée par la police place
Saint-Marc. Affrontements à Rio entre police et étudiants. L'agitation
s'étendra les jours suivants aux milieux ouvriers. Les ouvriers reprennent le travail en entrant dans les usines derrière
le drapeau rouge. La scène se répétera les jours suivants
dans toutes les grandes usines du pays. C'est la fin de l'insurrection de
mai. | |
19 juin |
Moshe
Dayan déclare que "Israël doit s'étendre du Jourdain
à la mer" et invite le gouvernement à coloniser immédiatement
les territoires occupés depuis 1967. Nouveaux affrontements entre police et opposants à la Biennale
place Saint Marc; protestations des artistes espagnols et scandinaves. Pour la première fois, un ministre de RFA, le social-démocrate
Willy Brandt, se rend en RDA. Début en Tchécoslovaquie de manoeuvres du Pacte de Varsovie. | |
20 juin |
Manifestation
du mouvement étudiant devant la Maison de l'étudiant à
Rome en solidarité avec les employés de l'université.
A Venise, 18 artistes italiens sur 22 invités retirent leurs oeuvres
en protestation contre la répression. A Washington, journée finale de la "marche des pauvres",
à laquelle 150 000 personnes participent. Le successeur de Martin
Luther King, Albemathy, déclare que le projet de Resurrection City
ne sera pas abandonné.
|
www.media68.com | febbraio 1998